Le 17 avril 1975, au terme de nombreuses années de guerre civile, les Khmers rouges envahissent Phnom Penh. S'ensuit un génocide avec plus de deux millions de morts. Les élites sont décimées, le pays est exsangue.
Aujourd'hui, un enfant sur huit meurt avant son cinquième anniversaire, essentiellement de maladies que les vaccins, une meilleure nutrition et une bonne hygiène permettraient d’éviter.
Une situation sanitaire précaire
Un des taux de mortalité infantile les plus élevés d’Asie du Sud-est et du Monde (124 pour 1000 naissances viables, contre environ 5 pour 1000 en France).
Les disparités géographiques sont également très importantes à l'intérieur même du Cambodge.
Dans les régions rurales, les enfants nés de mères sans éducation et qui n’ont pas bénéficié d’aide à l’accouchement sont dans une situation plus précaire encore. Jusqu'à très récemment (moins de dix ans), la province de Siem Reap, près des temples d’Angkor n'était pas sûre. Les ONG et organismes d'aide au développement ne pouvaient y travailler sereinement. Cette province d'environ 750 000 habitants, a pris un retard important dans l’accès à l’eau.
Le stress hydrique
Le Cambodge, dans sa globalité, a des ressources en eau douce supérieures à 25 000 m3 par habitant et par an. Avec un rapport : ressources utilisées/ ressources disponibles inférieur à 10 %, le Cambodge est un pays sans stress hydrique dans l’accès à l’eau.
La commission européenne agit
La Commission européenne* va consacrer trois millions et demi d’euros à l’amélioration de la situation sanitaire des enfants vulnérables au Cambodge. Ces ressources serviront à financer l’accès à l’eau potable et de meilleures conditions d’hygiène, surtout pour les enfants vivant dans des zones qui émergent du conflit ou dans les régions largement peuplées de minorités ethniques.
Il s’agira d'une part, de construire des puits ou des bassins pour les communautés locales et les écoles, de tester la qualité de l’eau et d’installerdes équipements d’assainissement. Des systèmes de récupération des eaux de pluie, des jarres pour stocker l’eau et des filtres seront distribués.
Le Cambodge possède de grandes réserves d’eau souterraines qu'il est dans l’incapacité d'exploiter. L’absence d’eau potable aggrave considérablement la morbi-mortalité infantile.
“Pédiatre du Monde” présente un projet d'accès à l'eau potable dans une des provinces les
plus déshéritées du pays, Siem Reap.
Une formation à l’utilisation de l’eau et une éducation à l’hygiène seront également dispensées (équipes de Pédiatres du Monde). D'autre part, les financements alloués permettront aussi de mener une campagne de vaccination et de traitement des enfants par anthelminthiques. Des personnels soignants locaux seront formés, des médicaments essentiels distribués et une action de sensibilisation à l’importance de l’allaitement menée.
Premier projet dans un district de la province de Siem Reap
Ce projet visait la mise en oeuvre d’un programme d’hydraulique villageoise associé à la protection d’une zone humide et de son environnement ; dans le cadre de la Convention de Ramsar (traité intergouvernemental impliquant de nombreuses nations, adopté en 1971), pour la protection de sites classés en zones humides. Le Comité Français de l’U.I.C.N (Union Internationale pour la Nature) a été chargé d’animer ce projet, d’en contrôler les résultats et d’en gérer la partie budgétaire. Les principales ressources en eau sont les eaux de pluie stagnantes et les eaux provenant de puits sans aucun aménagement et de faible profondeur. L’ensemble de ces ressources, sujettes bien souvent à un assèchement total de mars à mai, est dispersé. Leur utilisation s’effectue sans distinction : eau de boisson pour les hommes et les animaux, eau de lavage, d’irrigation et nécessaire aux activités artisanales. Cette eau de mauvaise qualité n'est même pas en quantité suffisante pour satisfaire les besoins les plus élémentaires de ces populations très pauvres. La mise en place de ce projet a nécessité la participation active des communautés locales à la réalisation de forages d’eau potable profonds, à l’utilisation rationnelle de l’eau et à une sensibilisation à la protection des zones humides.
Le but étant de permettre une production d’eau potable, en quantité et en qualité satisfaisantes en toutes saisons et de pouvoir assurer la maintenance des installations. En octobre 2004, trente quatre points d’eau étaient déjà aménagés sur trois communes, concernant huit villages, soit environ huit mille habitants. Il a fallu, pour cela, réaliser des forages d’eau souterraine, d'une profondeur moyenne de vingt six mètres, d'un débit moyen de trois mètre cubes et demi par heure, stables
et en fonctionnement continu. Leur diamètre permet un double tubage, ce qui fait qu'en cas de colmatage, l’intervention de remise en état est facile et rapide. Depuis, grâce à l'hygiène corporelle, on observe une réduction importante de la gale, du trachome, des conjonctivites et des poux (on espère ainsi obtenir la disparition du typhus exanthématique causé par les poux). La consommation d’eau potable a permis une réduction très sensible des maladies digestives, diarrhées et dysenteries, notamment amibiennes ; ainsi que des fièvres typhoïdes et paratyphoïdesdes adultes.
Les premiers bénéficiaires des points d’eau sont les femmes, responsables du lavage de la vaisselle et des vêtements. La qualité des nettoyages s’en trouve améliorée et elles sont soulagées de la tâche éprouvante du transport de l’eau sur de longues distances. La disponibilité de l’eau propre permet aussi, un meilleur entretien de l’habitat.
De même, la proximité de l'eau soulage les éleveurs et leurs enfants, souvent affectés au transport de l'eau pour abreuver les bovins. Les animaux ne sont plus contraints de se rendre, souvent très loin en saison sèche, vers des points d’eau aléatoires. Le lavage des animaux et leur alimentation en eau propre contribue très certainement à leur bon développement. La proximité des pompes favorise une activité de culture vivrière, indispensable à ces populations très pauvres. L’eau d’écoulement des pompes est souvent canalisée vers des arbres fruitiers, qui seront également une source de revenus. A terme la vente des récoltes devrait améliorer le niveau de vie des villageois.
“L’eau pour tous” et PdM à Banteay Srey
Sur la totalité de la province de Siem Reap (1,1 million d’habitants), les besoins sont évalués à plus de cinq cents puits. Dans le district de Banteay Srey (34 000 habitants, répartis en 6 communes et 27 villages), le niveau de vie des habitants est très faible et repose essentiellement sur l’activité agricole. La moitié des ménages ne dispose que d’une récolte de riz, couvrant leurs besoins alimentaires seulement six à sept mois par an. Le taux de couverture des besoins en eau est estimé à trente pour cent.
Le projet “action durable d’accès à l’eau potable dans la province de Siem Reap” vise à construire des puits pour les communautés locales, les villages et les écoles, installer des équipements d’assainissement dans les écoles et les habitations,
distribuer des systèmes de récupération des eaux de pluie, des jarres pour stocker l’eau et des filtres, former la population à l’utilisation de l’eau, et mener des campagnes d’éducation à l’hygiène. “Pédiatres du Monde” s’associe avec l’ONG cambodgienne « l'eau pour tous » pour intervenir pendant une période d’un an, à compter du premier trimestre 2006, en construisant 40 points d’eau potable, répartis dans les villages du district les plus nécessiteux, le premier étant le district de Banteay Srey. Après un suivi et une évaluation de cette phase initiale du projet, les partenaires envisagent la construction
d'un total de cinq cent points d’eau potable, répartis dans les villages de tous les districts de la province de Siem Reap.
La vie à Banteay Srey
Une route récemment restaurée relie Siem Reap à Banteay Srey, quarante kilomètres plus au nord. Site du plus beau temple du Cambodge, un joyaux de l’art Khmer. Cette route d’accès se ramifie ennombreux chemins de terre qui mènent aux villages.Bordé à l'est par les massifs des Koulen, et au nord par le massif de Kbal Speen, ce district est situé en dehors de la basse plaine cambodgienne. Il est caractérisé par une végétation de type tropical qui repose sur un sol de faible épaisseur et un socle, parfois affleurant, constitué de grès. Climat et géologie s'associent pour entraîner des inondations en saison des pluies et de la sécheresse en saison chaude. En effet, lors de la mousson, les sols généralement peu profonds sont vite saturés en eau, que le socle peut difficilement absorber. Lorsque les pluies cessent, les couches superficielles se dessèchent
rapidement, le peu d’eau qu’elles ont pu stocker étant vite épuisé.
Ce district a été, par ailleurs, le terrain de violents affrontements entre l’armée gouvernementale et les Khmers rouges. Durant la période du conflit, une grande partie de la population a été déplacée au sein de la Province, dans les zones sécurisées et l’on peut considérer que l’activité économique et sociale a été inexistante dans le district de Banteay Srey. La guerre a détruit la majorité des structures publiques, routes, ponts, écoles, dispensaires… Ce district a été miné pendant de longues années, interdisant l’accès aux véhicules des O.N.G.
Actuellement, la production agricole annuelle, basée sur la culture du riz, est inférieure aux besoins ; les rendements sont médiocres, le bilan alimentaire, déficitaire. De nombreuses personnes sont handicapées, veuves ou orphelines. Les risques sanitaires sont importants, particulièrement dans la zone nord du district, avec la présence du paludisme, de la dengue, du choléra…
L’élevage bovin est peu important, pénalisé par l’absence de surfaces herbeuses. Les buffles sont utilisés comme animaux de traits, les boeufs, vaches et veaux sont élevés pour leur viande. On trouve plus fréquemment des petits élevages familiaux de porcs et de poules, mais le taux de mortalité de ces animaux est très élevé. Le temple de Banteay Srey, situé au centre du district, est peu générateur d’emplois, les guides, chauffeurs, interprètes, gardiens étant recrutés à Siem Reap. Et seules, quelques boutiques de souvenirs et objets de fabrications artisanales et quelques restaurants de rue, génèrent de maigres revenus.
Contacts
“L’eau pour tous”,
Village de Watt Bo, Commune de Sala Komreuk,
District et province de Siem Reap,
Royaume du Cambodge. B.P. : 26
Tél :( 855 ) 012 920 534 / ( 855 ) 012 627 153
L'eau pour tous E.mail : leaupourtous@yahoo.fr
Dr François Vié le Sage, Coordinateur Asie
67, rue A. Dumas 73100, Aix-les-Bains
Tél. 04 79 88 48 23 - Fax 04 79 88 92 63
E-mail : pediatresdumonde@wanadoo.fr
Dr Michel Bardainne
Responsable Missions Cambodge:
8, rue Gaston Cordier - 35300 Fougères
Tél. 02 99 99 88 26 - Fax 02 99 99 55 01
Email : michel.bardainne@wanadoo.fr
PDM :Email : pediatresdumonde@wanadoo.fr
Site AFPA :http://www.afpa.org/
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