PDM

 

 

Protocoles Franco-Moldaves
Urgences Pédiatriques


Elaborés en 2000

 AFPA Humanitaire
Université Moldave

 

 

 

Conduite à tenir devant une Hématurie

 

HEMATURIE

DEFINITION

La présence dans l’urine d’un nombre élevé d’hématies.
Supérieur à 10/mm3 (10 000 par ml), sur urines fraîches non centrifugées.
La coloration rouge des urines ne correspond pas forcément à une hématurie.

ETIOLOGIE

Anomalies de l'hémostase
Causes urologiques (extra-glomérulaires)

  1. Traumatisme rénal
  2. Lithiase urinaire
  3. Hypercalciurie sans lithiase reconnue
  4. Uropathie-malformative (syndrome de la jonction pyélo-urétérale)
  5. Infection urinaire microbienne, virale ou parasitaire (spécialement cystite)
  6. Tuberculose rénale
  7. Corps étrangers (urétraux, vésicaux)
  8. Néphroblastome
  9. Infiltration leucémique; lupus érythémateux disséminé (LED)
  10. Tumeurs vésicales
  11. Malformations artérielles et veineuses à localisation rénale ou vésicale
  12. Thrombose des veines rénales chez le nourrisson
  13. Kystes rénaux
  14. Certains médicaments****néphrite interstitielle (méthicilline, ampicilline,…)

****cystite (cyclophosphamide,…)

Causes néphrologiques

Toutes les néphropathies glomérulaires :

- Glomérulonéphrite aiguë post streptococcique
- Glomérulonéphrite membrano-proliférative
- Syndrome d’Alport
- Maladie de Berger
- Purpura rhumatoïde Schönlein-Henoch

Hématurie bénigne familiale

Hématurie d'effort

Néphropathie lupique

Syndrome hémolytique et urémique

Hématurie microscopique bénigne

Souvent l’étiologie reste méconnue.

DIAGNOSTIC CLINIQUE

L’anamnèse sera orientée dans les directions suivantes:

Association ou non de l’hématurie une douleur (colique néphrétique, lithiase rénale)
La présence de signes évoquant une infection urinaire (voir le protocole IU) suggère : uréthrite, cystite, ulcération du méat.
Début dans les suites d'une angine (glomérulonéphrite post-streptococcique)
Antécédents familiaux d’hématurie ou de néphropathie (hématurie bénigne récidivante, syndrome d’Alport, anomalies de l'hémostase)
Présence d’autres manifestations cutanées ou articulaires concomitantes (purpura de Schönlein-Henoch, lupus érythémateux disséminé)
Utilisation récente de certains médicaments (anticoagulants, aminoglycosides, cytostatiques)

L’examen clinique est souvent normal ou offre peu de données pour l’orientation.
- Pâleur des téguments : glomérulonéphrite, lupus érythémateux disséminé, syndrome hémolytique et urémique.
- Rash cutané : purpura de Schönlein-Henoch, LED ou autres formes de vascularites.
- Œdème généralisé : néphropathies glomérulaires ou autres causes d’insuffisance rénale.
- Souffle cardiaque : néphrite au cours d'une endocardite bactérienne aiguë.
- Arythmie cardiaque : néphropathie embolique.
- Présence d’hémorragies cutanées, muqueuses, articulaires, hématomes : anomalies de l’hémostase.
- Néphromégalie : hydronéphrose, polykystose rénale, thrombose des veines rénales, tumeur rénale.
- Sensibilité à la palpation des fosses lombaires : pyélonéphrite aiguë.
- Anomalies visuelles et déficit auditif : syndrome d’Alport.
- Il faut examiner l’aspect macroscopique de l’urine à l’émission:

Coloration brune-rouge, "bouillon sale", constante pendant toute la miction : en faveur d'une hématurie glomérulaire.
Coloration rouge évoquant la présence de sang "frais" + présence des caillots : hématurie non glomérulaire.
Une modification de l’intensité de l’hématurie en rapport avec les phases de la miction peut suggérer le siège de l’hémorragie: "hématurie initiale" : localisation uréthrale; "hématurie terminale" : siège vésical.

Il faut aussi examiner le méat urinaire et les organes génitaux externes.

EXamens complémentaires

Examen du culot de centrifugation : recherche de cylindres, d'hématies anormales, de parasites
Examen Cytobactériologique des Urines (ECBU) à la recherche d'une infection urinaire
Protéinurie : causes glomérulaires (plus de 1g/24 heures) ou de néphrite tubulo-interstitielle (habituellement moins de 1 g/24 heures)
Cystographie rétrograde si suspicion de reflux vésico-urétéral
Radiographie et échographie abdominales : lithiase urinaire, malformations et tumeurs rénales
Frottis de gorge : si suspicion de glomérulonéphrite poststreptococcique;
Examens immunologiques et sérologiques: marqueurs streptococciques, anticorps antinucléaires, cellules lupiques, anticorps anti-ADN natif.
Tests de coagulation
Urographie intraveineuse.
Audiogramme, examen d’urine chez les membres de la famille en cas de suspicion de syndrome d'Alport ou d'hématurie bénigne familiale.
Cystoscopie en cas de suspicion d’hémorragie vésicale.
Scintigraphie rénale si suspicion de tumeur.
Angiographie rénale si suspicion d’anomalie vasculaire.
Biopsie rénale pour le diagnostic des glomérulopathies.

DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

Ingestion de légumes et fruits qui contiennent des pigments (betterave (anthrocyanine), mûres, cerises, paprika, rhubarbe).
Ingestion de colorants alimentaires : aniline (bonbons).
Causes médicamenteuses (nitrofurantoïne, ibuprofène, chloroquine, desferioxamine, rifampicine, sulfasalazine, alpha-méthyl DOPA)
Causes métaboliques: excrétion augmentée d'urates (coloration rosée des couches), alcaptonurie (urines brunes), acidurie homogentisique, porphyrinuries, tyrosinose.
Test positif à la bandelette urinaire ne correspondant pas à un hématurie : hémoglobinurie, myoglobinurie.

TRAITEMENT

IL dépend de la cause. Il n'y a pas de traitement spécifique de l'hématurie. En l'absence de cause décelée : "surveillance armée"

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