Paralysie faciale périphérique
La paralysie faciale périphérique est une atteinte du nerf facial (paire crânienne VII) en rapport avec une lésion du noyau protubérantiel du VII ou du tronc nerveux lui – même en un point quelconque de son trajet.
Diagnostic positif
Elle atteint à la fois le territoire facial inférieur et supérieur.
Territoire facial supérieur : fente palpébrale élargie, occlusion oculaire impossible, abolition du réflexe de clignement des paupières (à la menace par exemple)
Territoire faciale inférieur : pli nasogénien moins marqué, bouche asymétrique attirée du coté sain avec chute de la commissure labiale du coté paralysé, impossibilité de gonfler la joue, siffler, impossibilité de montrer les dents du coté sain
Rechercher des signes associés localisateurs :
Agueusie des deux tiers antérieurs de la langue si lésion en amont de l’émergence de la corde du tympan
Hyperacousie si lésion en amont du nerf du muscle de l’étrier
Attention, car il peut exister une diplégie faciale avec atteinte bilatérale du VII
Diagnostic différentiel
Paralysie faciale centrale : atteinte uniquement du territoire faciale inférieur
Myasthénie
Etiologies
Paralysie faciale « a frigore » : diagnostic d’élimination mais étiologie la plus fréquente. Installation brusque possibilité d’hyperacousie et agueusie. Le reste de l’examen clinique est normal. Guérison en deux mois dans 80% des cas. Risque d’hémispasme facial si récupération partielle. Récurrence possible dans 10% des cas.
Paralysie faciale infectieuse :
Virale : VZV, VIH, HSV 1, CMV, EBV, rubéole, oreillon, adénovirus, entérovirus
Bactérienne : complication d’une otite moyenne aigue, maladie de Lyme (atteinte bilatérale dans 30% des cas et autre atteinte neurologique)
Paralysie faciale traumatique : fracture du rocher
Paralysie faciale congénitale : traumatisme obstétrical
Tumeur maligne : angle pontocérébelleux, neurinome (neurofibromatose 2), tumeur de la parotide
Paralysie faciale et neuropathie périphérique : polyradiculonévrite aigue, collagénose, neurosarcoïdose
Examen clinique
- Constantes : température, TA, poids
- Examen neurologique : recherche d’un syndrome méningé fébrile en faveur d’une maladie de Lyme, recherche d’autres symptômes neurologiques associés (atteinte autres paires crâniennes, ROTS ?) qui éliminent la paralysie faciale « a frigore »
- Examen cutané : érythème chronique migrant, éruption vésiculeuse dans la zone de Ramsay – Hunt
- Examen ORL : otite moyenne aigue, parotidite
Bilan aux urgences
NFS – plaquettes, CRP, ionogramme sanguin, VS
- Sérologies virales : VZV, HSV 1, EBV, CMV, oreillons, rubéole, adénovirus, entérovirus, VIH à discuter
- Sérologie bactérienne : Lyme si contexte clinique (la sérologie systématique se discute si période estivale et notion de balades en foret)
- Enzyme de conversion : ECA si suspicion sarcoïdose
- PL avec PCR Lyme et entérovirus si syndrome méningé et hyperthermie ou si suspicion de polyradiculonévrite aigue
- Consultation ORL si suspicion OMA ou de complication ORL.
- Imagerie cérébrale si paralysie faciale associée à d’autres symptômes neurologiques
CAT aux urgences
Si suspicion de paralysie faciale « a frigore » : retour à domicile avec larmes artificielles et application de pommade ophtalmique à la vitamine A la nuit. Prévoir une consultation avec le médecin référent dans la semaine. La corticothérapie orale n’a pas été validée dans le traitement de la paralysie faciale périphérique « a frigore ».
Si suspicion de maladie de Lyme, de polyradiculonévrite, de processus intracrânien ou de complication ORL, hospitalisation en secteur traditionnel. |