Ivry (94) : Centre d'Hébergement d'Urgence

Pédiatres du Monde assure une mission permanente au Centre d’Hébergement d’Urgence des Migrants (CHUM) à Ivry sur Seine depuis février 2017.

Ce centre humanitaire de la ville de Paris est géré par Emmaüs Solidarité et accueille des femmes seules, des couples et des familles. 400 personnes vivent dans ce centre pour quelques semaines en attendant qu’un hébergement définitif leur soit proposé après régularisation de leur situation et de leurs papiers. L’école est organisée pour les enfants de plus de 6 ans.

Un centre de soins est mis à leur disposition et géré par le Samu social. Une équipe d’infirmières est présente en permanence, des pédiatres (Pédiatres du Monde), des gynécologues (Gynéco sans frontière) des généralistes (Médecins du Monde) et des psychiatres assurent des vacations régulièrement. Des interprètes sont présents pour toutes les consultations. L’accueil est assuré par des personnes en service civique.

Pédiatres du Monde (PDM) assure 2 vacations par semaine au CHUM d’Ivry sur Seine. Une vingtaine de pédiatres se relaient bénévolement pour les consultations. Nous travaillons en binôme de pédiatres.

Les familles rencontrées sont primo-arrivantes en France après un long parcours migratoire (de quelques mois à 3 ans). Elles viennent essentiellement d’Afghanistan, d’Irak, Syrie et d’Afrique subsaharienne. Elles ont parfois séjourné dans d’autres pays européens. Elles sont toutes en attente de régularisation de leurs papiers et n’ont aucune couverture sociale. Le CHUM d’Ivry accueille aussi des Roms (25 % de la population), mais en dehors des urgences, ils viennent peu au centre de soins car, bénéficiant de la CMU, ils sont déjà pris en charge par d’autres structures de soins.

Les consultations de pédiatrie sont programmées à la demande des familles, 8 à 12 enfants sont vus à chaque vacation (2 fois par semaine). Il s’agit de consultations de dépistages ou de soins. Les enfants malades sont vus en priorité.

Au terme de l’année 2017, 531 enfants ont été vus en consultation ce qui représente 74 % des enfants du CHUM.

Les nouveau-nés et les bébés de moins d’un an sont vus systématiquement pour dépister d’éventuels troubles somatiques ou sensoriels, surveiller la croissance et conseiller les mères pour l’allaitement puis la diversification alimentaire et répondre à leurs questions sur le développement psycho-moteur, les mesures de prévention, les soins à apporter pour les petites pathologies. A noter qu’il y a beaucoup de nouveau-nés.

Des protocoles ont été établis avec les infirmières puéricultrices du centre concernant un certain nombre de pathologies. Les infirmières font aussi des ateliers de prévention et d’éducation pour la santé (hygiène, alimentation, sommeil, conduite à tenir pour les pathologies courantes, prévention des accidents domestiques…) avec les parents.

Le statut vaccinal de tous les enfants est soigneusement établi, en fonction des vaccinations antérieures, du pays d’origine, des lieux de résidence pendant la migration, et les enfants sont systématiquement vaccinés en première intention ou pour les rappels. Nous avons un large stock de vaccins disponibles, fournis par la Croix Rouge Française. Les carnets de santé sont remplis. Pour les nourrissons, des séances de vaccinations par le BCG sont organisées, les plus grands enfants étant vus dans le cadre du CLAT (centre de lutte anti-tuberculeuse).

Une pharmacie simple mais suffisante est à notre disposition et permet de prendre en charge sur place les pathologies d’urgence banales (ORL, digestives, cutanées, petits traumatismes…).

Les enfants porteurs de pathologies plus sévères sont dirigés vers les PASS hospitalières pédiatriques (Permanence d’accès aux Soins de Santé) pour complément d’investigation et prise en charge.

Des courriers et des recommandations sont établis pour un suivi ultérieur après le départ du Centre.

Une attention particulière est apportée aux difficultés psychologiques des mères et des enfants qui sont adressé aux psychiatres du CHUM. Des réunions psychiatres-pédiatres sont prévues. Un important travail sur la parentalité, le lien mère-bébé, les conséquences des traumatismes subis, les difficultés psychologiques est mis en place dans le centre grâce à une très bonne collaboration.

A noter que les enfants ont souvent un état dentaire préoccupant et il est difficile de les faire prendre en charge.  

 Mise à jour - Février 2018.